Faire son lait végétal

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Sur le lait de vache, il y aurait beaucoup à dire. Sur le plan de la santé, tandis que certains continuent à le croire indispensable et à ne pouvoir imaginer qu’un enfant puisse grandir sans ses trois fameuses portions par jour, les études qui dénoncent ses méfaits (et les mensonges de l’industrie laitière par la même occasion) gagnent désormais en visibilité.

Quant aux ‘sensations pures’ que nous vantait une publicité marquante du temps de mon adolescence, on en est loin quand on sait ce qui se cache derrière cette blancheur lactée : des vaches inséminées pour donner naissance à un veau – il faut cela pour qu’elle produise du lait, le lait que nous boirons ; ce bébé veau lui sera arraché dès sa naissance, apeuré et isolé dans sa petite cage, il ne sera nourri que d’un ersatz de lait industriel, « rempli de cochonneries » m’a confié un éleveur corse avec qui je discutais (et nous n’étions pas vraiment du même bord dans la discussion) destiné à le faire grandir pour ses quelques semaines de vie avant d’être conduit à l’abattoir (si c’est un mâle).

Je rentrerai dans les détails une prochaine fois. En attendant, rien d’étonnant à ce que les laits végétaux, meilleurs pour notre santé (moins riches en acides gras saturés et en hormones diverses), et plus digestes avec leurs goûts variés (avoine, riz, épeautre, amande, noisettes…) nous attirent. Mais ils restent chers quand on les achète dans le commerce. Et cela peut conforter certains dans l’idée qu’être végane, se soucier du bien-être des autres animaux et de sa propre santé par la même occasion, est un luxe de nantis, de bobos fortunés…

Bon, déjà, les laits végétaux devraient coûter moins cher que les laits animaux si on prenait en compte le véritable prix de « fabrication » des uns et des autres (mais il faudrait pour cela qu’on paie le lait de vache à son vrai coût – sans les subventions – et ce serait alors un produit de luxe), sans même compter le coût environnemental…

Mais surtout, en attendant, il est très facile de faire son lait végétal soi-même. C’est vraiment simple et rapide, délicieux et pas si cher que cela du coup !

Il faut des céréales (je les prends sous forme de flocons) ou des noix et… de l’eau !

  • Mon premier lait d’avoine.

Un jour, j’étais à court de lait végétal « industriel ».
J’ai pris 50g de flocons d’avoine, un demi-litre d’eau (un peu chaude), j’ai mixé puis filtré le mélange, et en trois minutes j’avais mon lait d’avoine.
Ouf ! Bon, je trouve à vrai dire que le goût des céréales est un peu fort – plus que le lait d’avoine que j’achète en magasin – pour une boisson (pour ajouter un peu de lait dans son café par exemple). Mais pour arroser des céréales de petit-déjeuner, c’est parfait.

Et pour le prix ?

Les flocons d’avoine biologiques coûtent entre 3 et 4 euros le kilo, soit 15-20 centimes pour nos 50 g.
Notre demi-litre de lait nous revient donc à moins de vingt centimes !

Et encore, avec ces vingt centimes, on obtient non seulement du lait, mais aussi de l’okara… L’okara, c’est la pulpe qui reste quand on a filtré le lait. On peut s’en servir comme base pour des recettes salées ou sucrées : je m’en sers pour faire des galettes végétales.

  • Le lait d’amande.

Alors là, c’est juste délicieux. C’est légèrement plus cher, et il y a une étape de plus (le trempage des amandes dans de l’eau froide), mais rien d’extravagant !

Pour un litre de lait d’amande, il faut donc…
– 100 g d’amandes
– de l’eau pour faire tremper les amandes
– 1 litre d’eau (un peu chaude) pour le mélange.

La recette :

  1. Faire tremper les amandes plusieurs heures ; jeter l’eau de trempage.
  2. Mixer les amandes avec le litre d’eau chaude.
  3. Ajouter éventuellement une pincée de sel et/ou un édulcorant (1 cuillère à café de miel par exemple).
  4. Filtrer le mélange, et verser le lait d’amande obtenu dans un récipient bien propre.
  5. Humer – l’odeur d’amande fraîche est incroyable !

Et là encore, quand vous avez fait votre lait végétal maison, il vous reste l’okara, la pulpe non filtrée, qui contient plein de fibres et de protéines.
(si vous ne le saviez pas, 100 grammes d’amandes contiennent 20 grammes de protéines – autant qu’un steak !).

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Un litre de lait d’amande et son okara

Comme l’okara d’avoine, l’okara d’amande peut servir de base à des galettes ou à des gâteaux, comme par exemple ces cookies bien ‘roots’, et très moelleux  (inspirée  de cette recette) :

Mes ingrédients :

  • 115 g d’okara d’amande (= l’okara de ma tournée de lait végétal)
  • 45 g de flocons de seigle
  • 45 g de farine de seigle complète
  • 50 g de rapadura (sucre complet au petit goût de réglisse)
  • huile de coco fondue (3 cuillères à soupe)
  • un peu de bicarbonate alimentaire
  • 1 pincée de sel
  • 1 poignée de raisins secs réhydratés
  • quelques pépites de chocolat

On mélange tous les éléments pour obtenir une grande boule de pâte.
Sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, on façonne des petites boulettes que l’on écrase à la main pour leur donner la forme des cookies
On met au four pour un petit quart d’heure à 180 degrés.

Et voilà…

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Des cookies super moelleux (même si cela ne se voit pas trop sur cette photo)

 

 

 

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5 réflexions sur “Faire son lait végétal

    • aglaeproserpine dit :

      Oui ! Pour le mixage et le filtrage, j’ai répondu plus longuement à ton autre commentaire (ici). Et, pas besoin de cuisson. Je place les céréales (sans trempage) ou les noix/amandes (avec trempage de quelques heures dans un peu d’eau que tu jettes après) dans le blender, avec l’eau assez chaude (quand il faut un litre d’eau, j’en fais bouillir 80 cl (le volume de ma mini-bouilloire) et ajoute 20 cl d’eau froide). On peut ajouter du sel et/ou un édulcorant si on veut – je ne le fais plus trop, allant toujours au plus simple. Et je filtre.

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      • Délijulie dit :

        Super, c’est très clair ! et j’aime beaucoup l’idée de traire la chaussette, même si un chinois fera l’affaire (quoiiii ? Les vegans sont racistes et esclavagistes, en plus ?!!!).

        Aimé par 1 personne

  1. aglaeproserpine dit :

    Mais oui, ce sont des hippies un peu crados qui n’aiment pas les autres humains, you didn’t know ? (bon, accessoirement, je ne sais pas si on saisit bien ta blague, vu qu’on navigue entre les commentaires d’un article à l’autre – mais moi je te comprends). ;))

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